La fibre, la connexion du futur ?

Nous entendons de plus en plus parler de la fibre optique pour la connexion des particuliers au différents services tels que l’internet, mais aussi la télévision et le téléphone.

En France par exemple, la fibre jusqu’à la maison, jusqu’au bâtiment à appartements apparaît de plus en plus, ou du moins on en parle énormément. Mais quelle est la réalité ? Actuellement, seules certaines parties de villes à grande densité de population sont petit à petit connectées. D’autres commencent aussi à être connectées, mais uniquement grâce à des projets et des subsides des collectivités territoriales. D’ailleurs, le nouveau patron de l’ARCEP (l’équivalent de l’IBPT en France) avouait récemment que seuls 55 % des habitants pourraient prétendre dans le future à de la fibre chez eux.

Pour la Belgique, la situation est tout autre, et ceci pour plusieurs raisons. La première est bien sur la densité moyenne sur notre territoire qui est plus importante qu’en France. La seconde est que grâce aux réseaux des câblo-opérateurs, et à la technologie VDSL, la vitesse de connexion est plus importante. Le but est d’ici faire « patienter » le client avec des vitesses moins élevées que la fibre, mais tout à fait raisonnables pour la majorité des utilisateurs.

Mais si nous n’avons pas encore la fibre jusqu’à la maison, une majorité d’entre nous, avons la fibre qui se trouve au coin de la rue voire à un kilomètre. La raison est que Proximus (Belgacom) a déployé la fibre optique jusqu’au boitier de rue qui gère actuellement le VDSL. Et ces boitiers se trouvent à maximum 1000 m de chez vous (1400 m dans certains cas bien précis). Idem pour les câblo-opérateurs. Le câble qui passe de façade en façade est un câble coaxial, mais la distance et la taille de la boucle de ce câble se limite aussi à de courtes distances.

Pourtant, nous sommes encore loin d’avoir un déploiement massif de la fibre à la maison. Premièrement parce que la technologie actuellement en place n’a pas encore atteint ses limites. Le câble coaxial a encore de la marge de progression, alors que le cuivre est en cours de mise à jour pour atteindre des vitesses globales de 70 Mbps pour les connexions offrant les meilleures caractéristiques. La seconde raison est probablement régulatoire. Les clients doivent pouvoir avoir accès au réseau cuivré de Proximus simplement pour avoir la possibilité d’avoir accès à un autre opérateur s’ils le désirent.

Heureusement pour nous, des phases de test ont déjà eu lieu entre autres chez Proximus. En effet certains tests ont eu lieu vers 2010. La conclusion avait été que la technologie était encore trop chère. Mais d’autres ont (eu) lieu vers 2013, avec ici la mise en place d’un réseau pour remplacer totalement la fibre. On y fait donc passer le téléphone, la télévision et bien sûr Internet. Je n’ai pas encore vu de retour sur ces tests. Mais divers projets sont en cours avec certains tests ou de nouveaux bâtiments ne sont plus reliés au réseau cuivre, mais uniquement à la fibre. Même chose pour de nouveaux lotissements.

Mais diverses étapes intermédiaires sont encore en cours de mise en place. Si pour l’Internet peu d’améliorations sont possibles après la vectorisation (à technologie actuelle). Le prochain gros changement va concerner, et concerne déjà dans certains cas, la mise en place de modems simulant des lignes analogiques. Fini les bâtiments où se trouvent les grosses centrales téléphoniques. Les lignes téléphoniques seront alors prises en charge via les mêmes boitiers que ceux utilisés pour le VDSL. La connexion de la ligne sera ensuite via la fibre optique.

A gauche un ROP, borne ou se trouve la fibre optique et les équipements VDSL2. A droite un KVD, équipement ou passe votre ligne téléphonique.
A gauche un ROP, borne ou se trouve la fibre optique et les équipements VDSL2.
A droite un KVD, équipement ou passe votre ligne téléphonique.

Mais si la technologie en elle même diminue en terme d’investissement et de prix brut, que sa matrice augmente, le gros du chantier concernera la mise en place de l’installation chez les clients eux même. Il faudra ouvrir les dernières centaines de mètres de rues, faire une ouverture dans la maison jusqu’à une nouvelle prise fibre. Ce qui risque de prendre plus de temps dans le déploiement final. Raison par exemple que Proximus utilise les techniques d’amélioration du réseau VDSL ou la mise en place de modem analogique en rue plutôt que de boitier VOIP chez le client final.

Reste à voir quand sera le moment opportun pour les différents opérateurs de faire ce choix. Proximus sera probablement le premier à devoir faire le pas sachant que les cablo opérateurs eux peuvent encore augmenter la vitesse et les services sur le réseau coaxial. Proximus arrive à la limite de la technologie actuellement existante. Mais peut-être que de nouvelles arriveront repoussant ainsi l’échéance de la fibre.


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