L’histoire de la 4G en Belgique. De 2009 à nos jours

C’était en novembre 2012, le lundi 5 pour être précis, que la Belgique rentrait dans la liste des pays ayant un réseau 4G ouvert commercialement. Un peu plus d’un an après, c’est l’occasion de revenir sur l’histoire de la 4G en Belgique.

Les débuts de la 4G en Belgique sous le signe de contrats pour les équipements

HuaweiBelgacom annonce le 20 novembre 2009 avoir signé un contrat avec l’équipementier chinois Huawei afin de réaliser une mise à jour du réseau et ainsi le préparer pour le futur avec les technologies GSM, UMTS et LTE. C’est le début de la construction des infrastructures nécessaires au réseau de 4e génération pour l’opérateur historique. Pourtant, cette annonce de mises à jour se fait bien avant l’annonce d’autorisations ou de ventes de fréquences compatibles avec la 4G.

Des tests technologiques

TelenetÉtonnamment, c’est Telenet qui est le premier à lancer un réseau de test LTE. Ils obtiennent une licence provisoire auprès de l’IBPT et communiquent les détails le 3 mars 2010. Cette licence obtenue par l’opérateur Malinois les autorise à couvrir la ville de Malines ainsi que l’autoroute E19, entre Malines-Nord et Malines-Sud. L’équipementier français Alcatel-Lucent était le partenaire technique du test.

Pourtant, le 2 avril 2010, c’est Mobistar qui annonce avoir réalisé les premiers tests de réseau LTE sur un réseau expérimental dans la zone Diegem-Evere. Test rendu possible suite à l’obtention d’une licence provisoire auprès de l’IBPT.

C’est le 17 juin 2010 que choisit Telenet pour communiquer les premiers résultats des tests et réaliser une démonstration à la presse. La 4G est donc une réalité, même s’il ne s’agit que de tests pour l’instant. Belgacom annoncera à la même période avoir déjà bien avancé dans le déploiement de la 4G.

Mais un an plus tard, en juin 2011, c’est autour de Belgacom d’officiellement lancer un réseau avec 4 zones de tests  : Hasselt, le zoning de Haasroode, Mons et Wavre. Ce déploiement se fait en utilisant des fréquences 1800 MHz. Les tests seront réalisés non seulement avec du personnel de Belgacom, mais également avec un certain nombre de clients professionnels.

Les mises à jour des réseaux continuent

Mobistar annonce le 8 septembre 2011 le début de la mise à jour de son réseau afin de le rendre compatible avec les technologies du futur tel que la 4G. C’est l’équipementier chinois Huawei qui sera au cœur du réseau de l’opérateur.

Une officialisation des règles encadrant la 4G

LTEL’histoire de la 4G continue le 16 novembre 2011. C’est en effet la date choisie par l’IBPT pour rendre sa décision sur l’utilisation des fréquences sans la limitation de technologies, limitations existant par exemple en France.

Trois mesures concrètes sont prisses :

  • une nouvelle redistribution équitable des fréquences 900 et 1800 MHz entre les 3 opérateurs de téléphonie mobile déjà implantés. Fréquences étant utilisées sur base d’une autorisation et non via un système d’enchères. Avec une nouvelle échéance des autorisations en 2012, pour coïncider avec celle pour la 3G en 2100 MHz.
  • l’autorisation d’utiliser les fréquences 900 et 1800 MHz pour la 3G. Une précédente autorisation l’avait déjà autorisé pour le 900 MHz, mais le changement d’attributions des fréquences et de l’arrivée de la 4G impose à l’IBPT d’indiquer des limitations techniques d’utilisations des fréquences afin de permettre une bonne cohabitation entre opérateurs et technologies.
  • L’autorisation également de pouvoir utiliser les fréquences 900 et 1800 MHz pour la 4G, avec diverses contraintes techniques.

2600 MHz, une première mise aux enchères pour la 4G

Le 28 novembre 2011, l’IBPT publie le résultat des enchères concernant l’attribution des différentes licences des fréquences 2600 MHz. Base, Belgacom et Mobistar obtiennent chacun un lot duplex offrant des fréquences différentes en fonction du sens de communications entre le réseau et le client (FDD).

La mystérieuse société BUCD obtiendra un lot unique qui se caractérise par une division temporelle pour les deux flux (TDD). Cela permet une meilleure gestion des bandes passantes en fonction des besoins pour chaque sens.

L’état réalisera une recette de 77,8 millions d’euros. Les différentes licences auront une validité de 15 ans qui commencera le 1er juillet 2012.

Des tests grandeur nature

Après plus d’un an d’essais, Belgacom annonce le 3 juillet 2012 étendre son réseau 4G à 5 villes supplémentaires : Anvers, Gand, Liège, Louvain et Namur. On notera également la présence d’une zone de test du côté d’Asse aux abords de Bruxelles.

Le même mois, le 23 juillet 2012 précisément, c’est au tour de Mobistar d’annoncer le lancement d’un réseau de test du côté d’Anvers. Ce réseau sera entre autres utilisé avec la Police de la zone.

Une autre forme de 4G

b•liteLe 17 septembre 2012, l’opérateur Clearwire connu pour avoir déployé un réseau préwimax en Belgique change de nom et ce, peu de temps après son rachat par TechMax. Celui-ci devient b•lite et annonce se lancer dans la 4G.

Clearwire détenait depuis le 5 avril 2004 25MHz duplex dans la bande de fréquences des 3500 MHz. Mac Telecom pour sa part, détenait également 25 MHz depuis le 15 avril 2004. Clearwire fini par prendre le contrôle de la société Mac Telecom quelques années plus tard pour détenir 2 x 25 MHz duplex.

Ces fréquences sont compatibles avec le TD-LTE, une des normes compatibles avec la « 4G ». Même si cette norme est très peu répandue pour un usage autre que l’accès internet via un modem.

b•lite annonce le 20 juin 2013 avoir réalisé les premiers tests de réseau 4G dans la région Bruxelloises. Une offre commerciale est attendue pour la fin de l’année 2013.

Le début des offres commerciales

ProximusC’est le 5 novembre 2012 que la Belgique rejoint le club des pays ayant un réseau commercialement ouvert au public. Belgacom dévoilera son offre commerciale autour de la 4G. Peu de changement en ce qui concerne les villes couvertes ou de la technologie, tout le réseau déployé étant en 1800 MHz.

Le réseau n’évoluera que très peu jusqu’au printemps 2013, où une annonce sera faite concernant la couverture des villes côtières ainsi qu’un petit nombre de villes partout en Belgique. C’est le début pour l’opérateur d’une augmentation constante des villes couvertes.

Base n’a étonnamment jamais réellement communiqué sur son réseau 4G. Le retard qu’avait pris l’opérateur avec la 3G pourrait en être la raison. Pourtant l’annonce des résultats de 2012, le 5 février 2013, va modifier cela. L’opérateur va miser sur les zones blanches tout en ayant comme but d’offrir une couverture nationale d’ici à fin 2014. Base

Pourtant, à peine huit mois plus tard, le 1er octobre 2013, Base annonce le lancement commercial de son réseau 4G. Le réseau couvre à ce moment-là 15 villes, que sont : Alost, Anvers, Beveren, Bruges, Charleroi, Courtrai, Gand, Genk, Hasselt, Liège, Louvain, Malines, Namur, Ostende et Saint-Trond. Au niveau technique, Base a fait également le choix de déployer son réseau en utilisant au départ les fréquences 1800 MHz avec des équipements fournis par le suédois Ericsson et le chinois ZTE.

Mobile Vikings, qui utilise déjà le réseau 2G et 3G de Base, annonce qu’ils offriront jusqu’à la fin de l’année 2013 l’accès au réseau 4G de Base, et cela sans aucun supplément de prix. Ils étudieront d’ici la fin de cette période les différentes possibilités de le rendre disponible pour leurs clients.

Logo Mobistar

Mobistar annoncera le même jour qu’ils continuent d’investir dans le réseau 4G et que celui-ci sera lancé commercialement au premier trimestre 2014. Ce lancement se fera quand la taille du réseau permettra une expérience optimale pour l’utilisateur. En attendant, ils annoncent que la zone de test sera étendue fin 2013 à 14 nouvelles villes en plus d’Anvers. Il s’agit de Gand, Courtrai, Louvain, Bruges, Ostende, Woluwe-St-Etienne, Diegem, Kraainem, Zellik, Strombeek-Bever, Vilvorde, Heverlee, Deurne, Borgerhout, Berchem, Wilrijk et Hoboken.

800 MHz, une seconde mise aux enchères pour la 4G

Un nouveau lot de fréquences dans la bande des 800 MHz est mis aux enchères en 2013. Le 12 novembre 2013, l’IBPT annonce le résultat. Sans surprises, le nombre de candidats étant équivalent au nombre de lots, Base, Belgacom et Mobistar décrochent chacun un lot. L’état empochera pas moins de 360 millions d’euros pour ces fréquences. Mobistar a obtenu le lot lui imposant de couvrir dans les 3 ans, 60 communes où les nouvelles technologies arrivent souvent que bien trop tard.

Le 12 novembre a donc été la dernière date où les opérateurs ont communiqué sur leurs réseaux 4G.

  • Base a pour sa part annoncé couvrir 79 villes toujours autour des 15 zones de départs. Les plans de l’opérateur consistent à avoir une couverture nationale pour fin 2014.
  • Belgacom annonce couvrir 217 villes et atteindra 50 % de couverture de la population d’ici à la fin 2013.
  • Mobistar reste sur ses annonces de promesses d’ouverture du réseau (commercialement parlant) pour début 2014.

Voici maintenant le tableau récapitulatif des fréquences que chaque opérateur possède en Belgique. Technologiquement parlant, toutes les fréquences peuvent être utilisées pour déployer de la 4G. Mais vu le parc de téléphones mobiles en Belgique, le réseau 2G et 3G risque d’être actif encore très longtemps.

  800 MHz 900 MHz 1800 MHz 2000 MHz 2600 MHz 3500 MHz Total
Belgacom 2 x 10 2 x 10 2 x 20 2 x 15 2 x 20 150 MHz
Mobistar 2 x 10 2 x 10 2 x 20 2 x 14,8 2 x 20 149,6 MHz
Base 2 x 10 2 x 10 2 x 20 2 x 14,8 2 x 15  139,6 MHz
b•lite  – 2 x 50 59,2 MHz
Telenet/Tecteo 2 x 4,8 2 x 10 2 x 14,8 100 MHz
BUCD 45 45 MHz

Les fréquences en 2600 MHz ont été achetées en premier, mais les opérateurs ne semblent pas en tenir compte dans leurs plans de déploiement. Les trois opérateurs semblent favoriser les plus petites fréquences pour la 4G. Les réseaux déjà déployés utilisent les fréquences en 1800 MHz qui étaient les premières envisageables. Viendront ensuite les fréquences en 800 MHz une fois qu’elles auront réellement été attribuées aux des opérateurs. Celles-ci permettront d’améliorer la couverture en zone rurale grâce à une meilleure portée des antennes, mais aussi en agglomérations grâce à une meilleure pénétration dans les bâtiments. Les fréquences en 2600 MHz viendront dans une seconde phase pour augmenter la capacité du réseau dans les zones ou la demande est particulièrement forte.

Une couverture de toutes les provinces

4G-Belgique-BelgacomLe 15 novembre 2013, Belgacom publie une mise à jour de sa carte de couverture. C’est ainsi que la province du Luxembourg est la dernière à recevoir une couverture 4G sur son territoire. La carte indique ainsi que la ville de Libramont-Chevigny est couverte en 4G.

Base a pour sa part mis à jour son site internet mi-novembre avec des cartes de couverture validées au 31 octobre 2013. Nous pouvons y voir une progression assez soutenue de la 4G pour les trois opérateurs historiques. Base 4G Belgique Preuve que le développement 4G se poursuit sans relâche, des zones non couvertes d’après les différentes cartes ont déjà du signal 4G, et ce pour les trois opérateurs. J’ai détecté le 22 novembre 2013 de la 4G des trois opérateurs à Diegem, commune de la périphérie nord de Bruxelles.

2G-3G-4G

… mais pas de toutes les régions

rbcSi toutes les provinces ont maintenant au moins une ville couverte en 4G, la région Bruxelloise, elle, n’en a toujours aucune. La raison est une ordonnance de 2007 limitant les ondes  électromagnétiques dans la région à 3 V/m. Cette ordonnance a d’ailleurs déjà eu des répercussions sur les réseaux 2G et 3G. Les opérateurs ont dû diminuer la puissance des antennes existantes, ce qui dégrade la qualité du signal et limite la portée ainsi que la bande passante. Mais lancer la 4G dans les mêmes conditions imposerait aux opérateurs de faire de la place, ce qui réduirait encore la qualité des réseaux 2G et 3G. Tout en ayant besoin d’augmenter sensiblement le nombre de sites d’antennes dans la région. Une augmentation difficile d’un point de vue économique, mais d’un point de vue administratif vu les procédures et les blocages liés aux différents permis.

Toutefois, il semble que les différents chefs de groupes du parlement bruxellois soient tombés d’accord sur un projet d’ordonnance adaptant les limitations. De quoi espérer l’adoption du texte dans les prochains mois ce qui permettrait un déploiement de la 4G à Bruxelles. Il faut toutefois savoir que pour les obligations de couverture en 800 MHz, le calcul tient compte d’une couverture totale de la région. De quoi laisser respirer les opérateurs si le blocage venait toutefois à perdurer.

Si les communes de la région bruxelloises sont les perdantes, d’autres villes en sont les gagnantes du faite d’une redistribution des moyens. Si officiellement aucun déploiement n’est fait à Bruxelles, en coulisses, une partie des infrastructures doit probablement déjà être à jour. Mais les moyens qui devraient être alloués pour finaliser la mise en place du réseau à Bruxelles sont au moins en partie utilisés pour déployer le réseau dans des zones moins importantes. Des villes comme Dour, Binche ou Libramont en sont probablement les grands gagnants.

Mobistar a sa propre stratégie

4G-Belgique-MobistarL’opérateur annonce le 25 novembre 2013 un prélancement commercial de son réseau. L’opérateur annonce couvrir 30 villes en Belgique.  Au niveau de la couverture, seule la ville de Mons est couverte en Wallonie, tout en ayant une importante couverture dans la périphérie nord de Bruxelles. Les 30 villes sont : Anvers, Deurne, Borgerhout, Berchem, Wilrijk, Merksem, Hoboken, Gand, Wondelgem, Ledeberg, Sint-Amandsberg, Heule, Courtrai, Kuurne, Louvain, Bruges, Ostende, Woluwe Saint-Etienne, Diegem, Kraainem, Zellik, Strombeek-Bever, Vilvoorde, Heverlee, Zaventem, Grand-Bigard, Lot, Wezembeek-Oppem, Bredene et Mons.

Ce lancement précommercial permet à Mobistar de virtuellement rattraper son retard sur les autres opérateurs. Ils offriront en effet un forfait gratuit valable sur le réseau 4G, de quoi permettre un test grandeur nature du réseau.

Dans le communiqué, on apprend aussi que Mobistar compte couvrir 40 nouvelles villes début 2014. Période ou l’opérateur devrait réellement lancer son réseau d’un point de vue commercial. Les plans de l’opérateur sont d’ailleurs aussi clairs. Offrir une couverture équivalente à la 2G pour 2015.

Apple résiste aussi à la 4G

AppleSi la région bruxelloise est la grande absente dans la carte de couverture, le constructeur des iPhone est lui aussi le grand absent.Même si les iPad sont eux autorisés à se connecter aux réseaux 4G, les iPhone ne sont toujours pas autorisés à utiliser les réseaux 4G de Base et de Belgacom.

Le problème avancé serait celui d’une validation technique des réseaux qui prend du temps. Les deux opérateurs ne sont cependant pas dupes et déplorent qu’il leur faudra au minimum attendre l’ouverture officielle du réseau 4G de Mobistar.

Mobistar 4G Apple
Ce qui est lisible sur le site de Mobistar (novembre 2013)

Pourtant, tout le monde pensait qu’Apple était le seul constructeur à limiter l’accès aux réseaux 4G qu’à certains opérateurs. Mais l’ennemi juré, Samsung, semble avoir une stratégie équivalente. Alors qu’Apple n’a toujours rien validé après plusieurs mois. Samsung réussit à valider l’accès au réseau de Base en seulement un mois. C’est en tout cas qu’annoncent les différents communiqués de presse publiés le 8 novembre 2013. Une preuve de plus vraisemblablement que le blocage est plus commerciale que technique.

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Les références et pour en savoir plus


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