DIGI déploie progressivement son propre réseau mobile à Bruxelles. L’analyse des permis d’environnement accordés révèle une forte accélération depuis le printemps 2026, alors que peu de nouvelles antennes sont encore visibles sur le terrain.
Retour sur le lancement de DIGI
DIGI Belgium a officiellement lancé ses offres commerciales le 11 décembre 2024. Dès le départ, l’opérateur proposait deux services : un accès à Internet via son propre réseau de fibre optique et des abonnements mobiles.
Pour le mobile, la situation est un peu particulière. Même si DIGI construit progressivement son propre réseau, celui-ci ne couvre encore qu’une partie du territoire. Pour permettre à ses clients d’utiliser leur abonnement partout en Belgique, l’opérateur s’appuie donc sur un accord d’itinérance avec Proximus. En pratique, votre téléphone utilise le réseau de DIGI lorsqu’il est disponible, puis bascule automatiquement sur celui de Proximus dans les zones qui ne sont pas encore couvertes.
En regardant les cartes de couverture, on pourrait croire que le déploiement de DIGI avance lentement. Pourtant, en consultant les permis d’environnement délivrés à Bruxelles, on découvre une réalité bien différente…
DIGI part de très loin
DIGI Belgium est né d’une joint venture entre l’opérateur roumain DIGI Communications et l’entreprise belge Citymesh. Après avoir remporté une partie du spectre 5G lors des enchères de 2022, les deux partenaires se sont donné pour objectif de construire le quatrième réseau mobile national en Belgique.
Si Citymesh était déjà présent sur le territoire avant la joint venture, son activité concernait principalement des réseaux privés destinés aux entreprises, aux sites industriels, aux ports ou encore aux aéroports. Il ne s’agissait pas d’un réseau mobile national ouvert au grand public.
Cette présence historique de Citymesh a probablement permis à DIGI de s’appuyer sur une expérience locale et certaines infrastructures existantes, ce qui peut expliquer en partie pourquoi les premières zones couvertes se trouvent principalement en Flandre.
Pour Bruxelles, la situation est très différente. Pendant longtemps, le réseau propre de DIGI se résumait essentiellement au site installé sur le toit de son siège social, rejoint ensuite par quelques autres sites utilisés lors des premières phases de déploiement. Pendant plusieurs mois, pratiquement aucun nouveau permis d’environnement n’a été délivré. Rien ne laissait penser qu’un déploiement de grande ampleur était imminent.
Depuis plusieurs mois, je suis l’évolution des permis d’environnement accordés à DIGI à Bruxelles. En les compilant un à un, une tendance est rapidement apparue : le nombre de nouvelles autorisations a littéralement explosé.
Les permis d’environnement se multiplient
Plus d’une centaine de permis d’environnement ont désormais été accordés à DIGI à Bruxelles. Sur le papier, le déploiement semble donc avoir franchi une étape importante. Pourtant, lorsque l’on se promène dans les rues de la capitale, il est encore difficile de repérer de nouvelles antennes exploitées par DIGI.
La carte ci-dessous montre l’ensemble des permis d’environnement accordés à DIGI dans la Région de Bruxelles-Capitale.

Répartition des permis d’environnement accordés à DIGI en Région de Bruxelles-Capitale
(source : Bruxelles Environnement).
Le rythme s’accélère depuis fin 2025
Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, les permis n’ont pas été délivrés de manière régulière. Pendant près de deux ans, seuls quelques sites ont été autorisés. Puis, à partir du printemps 2026, le rythme s’est fortement accéléré.
Le tableau ci-dessous montre comment le rythme des autorisations a changé au fil du temps.
| Période | Nombre de permis | Commentaire |
|---|---|---|
| Mai 2024 | 1 | Premier site sur le siège de DIGI Belgium |
| Novembre 2024 | 1 | Deuxième site, dans le quartier Delta |
| Mars 2025 | 1 | Troisième permis accordé |
| Novembre 2025 | 3 | Début d’un rythme plus régulier |
| Décembre 2025 | 7 | |
| Janvier 2026 | 1 | |
| Février 2026 | 2 | |
| Mars 2026 | 5 | |
| Avril 2026 | 20 | Forte accélération |
| Mai 2026 | 20 | |
| Juin 2026 | 39 | Record mensuel |
| Juillet 2026* | 9 | Les chiffres continuent d’évoluer |
Ce n’est donc pas seulement le nombre total de permis qui est intéressant. C’est surtout leur rythme de délivrance. Après une longue période durant laquelle les nouvelles autorisations se comptaient sur les doigts d’une main, Bruxelles Environnement a accordé en quelques mois plusieurs dizaines de permis. Ce changement de cadence laisse penser que le déploiement est entré dans une nouvelle phase.
Pourquoi les antennes ne sont-elles pas encore visibles ?
En réalité, l’obtention d’un permis n’est qu’une étape parmi beaucoup d’autres. Une fois l’autorisation accordée, il reste encore tout un travail avant qu’un site puisse être mis en service.
Sans connaître précisément l’organisation interne de DIGI, on peut raisonnablement imaginer qu’un nouveau site suit un parcours proche de celui-ci :
📍 Recherche d'un emplacement
↓
🤝 Accord avec le propriétaire
↓
📄 Obtention des permis
↓
📅 Planification
↓
📦 Livraison du matériel
↓
🏗 Installation
↓
⚡ Raccordement électrique
↓
🌐 Fibre ou faisceau hertzien
↓
🧪 Tests
↓
📶 Mise en service
Bien entendu, certaines de ces étapes peuvent être réalisées en parallèle ou dans un ordre légèrement différent selon le site.
On comprend alors qu’un permis d’environnement n’est finalement qu’une étape du projet. Entre l’autorisation administrative et l’activation effective d’une antenne, plusieurs semaines, voire plusieurs mois, peuvent encore s’écouler.
Ce qu’il faut retenir
Si les permis accordés ces derniers mois commencent maintenant à se concrétiser sur le terrain, le paysage bruxellois pourrait évoluer rapidement. Les prochains mois permettront de vérifier si cette accélération administrative se traduit bien par l’apparition de nombreuses nouvelles antennes DIGI. De mon côté, je continuerai à suivre leur déploiement afin de mesurer la vitesse à laquelle ces autorisations deviennent des sites réellement actifs.
